Bénin/ Nikki vibre au rythme de la Gaani 2025 : entre rituels, culture et développement
La ville de Nikki a vibré du 5 au 7 septembre 2025 au rythme de la Gaani, l’une des plus anciennes et emblématiques fêtes culturelles du Bénin. Les peuples Baatonu, Boo et Peulh ont célébré cette nouvelle édition de la Gaani dans une ambiance de grande ferveur. À Nikki, la capitale historique du royaume Baru Tem, cette fête identitaire a rassemblé des milliers de participants venus de tout le Bénin et de l’étranger.



C’est dans la nouvelle arène de Nikki, un complexe moderne regroupant arène, villas et résidence royale, que se sont déroulées les principales activités. Courses de chevaux, sortie des tambours sacrés, parcours rituel du Roi, foire de la Gaani, cérémonies Kayessi et prestations artistiques ont rythmé trois jours de festivités autour de sa Majesté Séro Torou Toukossari.Tambours sacrés, trompettes, danses équestres et sonorités guerrières ont donné à l’événement un éclat particulier, mêlant tradition et modernité.
Une forte présence politique et institutionnelle
Cette édition de la Gaani a été marquée par la présence d’une importante délégation gouvernementale conduite par la Vice-Présidente de la République, entourée de ministres, de ministres-conseillers, de députés, de leaders religieux et de chefs traditionnels. Plusieurs personnalités politiques ont pris la parole pour saluer l’importance de la Gaani.



Le président du parti Union Progressiste le Renouveau, Joseph Djogbénou, a mis en avant « la vitalité d’une tradition qui traverse les siècles et incarne les fondements vivants de notre identité », rendant hommage au Roi et au peuple du Baru Tem. Le vice-président du parti Les Démocrates, Éric Houndété, a pour sa part décrit « un peuple en liesse, uni par une culture commune, la convivialité et la fraternité ». Au nom des communautés, le maire de Nikki, Roland Gounou Lafia, a exprimé sa gratitude au chef de l’État pour la construction du nouveau Palais, symbole de grandeur et de patrimoine.
Le rituel au cœur de l’identité
Moment fort de la fête, le parcours rituel du Sinaboko a conduit le souverain à travers sept étapes sacrées, chacune porteuse d’histoire et de mémoire collective. Ce rituel, accompagné de la cavalerie royale, incarne la dimension spirituelle et symbolique de la Gaani, rappelant les pactes, sacrifices et bénédictions qui fondent l’identité du royaume.



Une fête aux retombées culturelles et économiques
La Gaani, considérée comme l’une des plus anciennes fêtes culturelles du pays, conserve un rôle essentiel dans la préservation de l’identité communautaire. Mais elle constitue aussi un moteur de développement. Comme l’a rappelé le professeur Léon Bani Bio Bigou : «Les marchés débordent, l’artisanat s’expose, la gastronomie locale attire. Chaque jour, des milliers de personnes consomment, échangent, créent de la valeur.» Pour Martial Kpochan, président de l’Institut de l’Être, «la culture n’est pas un folklore. C’est une source de croissance, d’emploi et de dignité.»
Vers une dimension internationale
Présent à Nikki, le ministre de la Culture, Jean-Michel Abimbola, a expliqué que l’édition 2025 servait de test grandeur nature pour les nouvelles installations.« Cette édition devait nous servir de test pour évaluer et corriger, afin que dès l’année prochaine, nous puissions organiser une véritable édition zéro de la Gaani dans ce nouveau cadre », a-t-il précisé. Il a également annoncé la mise en place d’un protocole destiné à donner une dimension internationale aux grands évènements culturels du pays. « Comme à Ouidah, à Porto-Novo et ailleurs, le gouvernement s’investit de plus en plus dans ces évènements, non pas pour retirer la main aux communautés, mais pour leur donner une meilleure visibilité et permettre aux béninois comme aux étrangers d’en profiter pleinement », a-t-il ajouté.

Au-delà de son caractère festif, la Gaani reste un pilier de l’identité Baatonu, Boo et Peulh. Cette édition 2025, inscrite entre tradition et ambition, confirme la place de Nikki comme haut lieu culturel du Bénin et ouvre la voie à une valorisation internationale de ce patrimoine unique.
Bérénice Célia Gainsi / Source: SRTB-ADAC-Gouvernement du Bénin
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