Faire des bibliothèques guinéennes des espaces de vie et de savoir : la vision ambitieuse de Hassane Hilal Sylla
La lecture publique reprend progressivement vie en Guinée. En tournée dans la région de Timbi Madina, le Directeur Général Adjoint des Centres de Lecture Publique et d’Animation Culturelle (CELPAC) , Hassane Hilal Sylla, a exprimé une vision claire et ambitieuse. Celle de faire de chaque bibliothèque du pays un lieu de savoir, de culture et de vie communautaire.
Selon lui, les bibliothèques ne doivent plus être perçues comme de simples espaces de silence, mais comme de véritables poumons intellectuels et culturels, capables de nourrir la curiosité, la créativité et le dialogue social « Une bibliothèque ne doit jamais fermer. Elle est plus utile que l’hôpital, la police, la gendarmerie ou même la mosquée, car c’est la lecture qui prépare à tous ces lieux », déclare-t-il avec conviction.
Les Centres de Lecture Publique et d’Animation Culturelle (CELPAC) multiplient les initiatives pour réhabiliter et dynamiser les bibliothèques publiques à travers le pays. Lors de sa visite à la bibliothèque municipale de Timbi Madina, Hassane Hilal Sylla a salué le travail d’une équipe engagée, symbole du renouveau de la lecture dans la région « Notre objectif est de faire de chaque bibliothèque un espace vivant, ouvert et attractif, où la lecture devient un levier de développement personnel et collectif », explique-t-il. À ce jour, 40 bibliothèques sont opérationnelles sur le territoire, dont 15 déjà équipées d’outils numériques. Mais plusieurs défis persistent. On peut citer entre autre le manque de matériel, la formation du personnel et la faible participation communautaire dans certaines zones.

Directeur Général Adjoint des CELPAC
Le numérique au service du savoir
Conscient que la jeunesse d’aujourd’hui vit à l’ère du digital, Hassane Hilal Sylla mise sur l’intégration du numérique pour rendre la lecture plus accessible et interactive « Nous avançons pas à pas vers une transition harmonieuse entre le livre papier et les outils numériques. Les ressources en ligne et les ordinateurs permettent à nos jeunes d’élargir leurs horizons et de découvrir d’autres formes d’apprentissage », confie-t-il. Cette modernisation s’accompagne d’activités culturelles variées comme des clubs de lecture, des ateliers de contes, des séances de slam et de théâtre, qui encouragent les jeunes à renouer avec le plaisir de lire et à exprimer leur créativité. À Timbi, ces initiatives connaissent déjà un franc succès.
Valoriser la culture locale et renforcer les partenariats
Pour Hassane Hilal Sylla, la lecture ne doit pas seulement ouvrir sur le monde, elle doit aussi préserver les traditions guinéennes. « Les bibliothèques doivent être des lieux où l’histoire, les coutumes et les savoirs locaux sont conservés et partagés », souligne-t-il. Afin de garantir la pérennité de cette dynamique, les CELPAC misent sur la coopération entre les acteurs publics et privés « Les écoles, associations, entreprises et collectivités doivent travailler ensemble. L’enjeu n’est pas seulement éducatif, il est aussi social. C’est en unissant nos forces que nous pourrons assurer la durabilité de nos actions », insiste le DGA.
Les CELPAC envisagent de doubler le nombre de bibliothèques fonctionnelles d’ici cinq ans, tout en créant un réseau national du livre et de la lecture publique. Des partenariats internationaux sont également en projet pour renforcer les ressources et les échanges autour du livre.
Un appel à la jeunesse guinéenne
À travers son message, Hassane Hilal Sylla invite la jeunesse à se réapproprier la lecture, qu’il considère comme une arme de liberté et d’émancipation « La lecture est la clé de la liberté et du progrès. Une bibliothèque n’est pas un cimetière, c’est un lieu de lumière et d’énergie. Elle appartient à tous : à l’élève, au cultivateur, à l’enseignant, à l’artiste, à l’imam comme au pasteur. » Cet engagement du DGA traduit une conviction profonde; celle de la renaissance culturelle et intellectuelle de la Guinée qui passera par la redynamisation de ses bibliothèques et l’amour du livre.
Cet article s’appuie sur l’interview que M. Hassane Hilal Sylla a accordée à Ibrahima Bodhewel de Senpress.net, dans le cadre de sa mission à Timbi en octobre 2025.
Bérénice Célia Gainsi
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