« Kadans Jumelles » : Le Bénin et la Guadeloupe unis par le battement des tambours
Entre rythmes, racines et renaissance culturelle, “Kadans Jumelles” tisse un lien vivant entre le Bénin et la Guadeloupe. Ce mardi 22 octobre 2025, s’est tenue dans les locaux de l’ADAC une conférence de presse pour faire la lumière sur ce projet. “Kadans Jumelles” est une initiative, qui réunit le groupe guadeloupéen Nouvel Jenerasyon Ka (NJK) et la troupe de percussion béninoise Pépit’Arts. Elle marque une nouvelle étape dans la coopération artistique entre le Bénin et la Guadeloupe.

Du 19 au 31 octobre, le Bénin accueille Nouvel Jenerasyon Ka pour une résidence artistique et culturelle inédite. Aux côtés de la troupe de percussion béninoise Pépit’Arts, les jeunes artistes guadeloupéens participeront au cours de leur séjour au Bénin à une série d’ateliers de création, d’échanges et de spectacles autour du tambour Ka des Antilles et du rythme Kaka du Bénin.

Porté par l’association Minan Leko, avec le soutien du Ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts à travers l’ADAC, ce projet intitulé « Kadans Jumelles » vise à rapprocher deux patrimoines culturels liés par l’histoire et la musique.
Une aventure commencée dans les Antilles
Lors de la conférence de presse, Adjimon Michel Noudogbessi, Directeur Artistique de Pépit’Arts, est revenu sur la genèse du projet :«C’est la deuxième phase d’une aventure commencée lors de notre récent séjour dans les Antilles. En Guadeloupe, nous avons senti des similitudes rythmiques, harmoniques et émotionnelles. Cette fois, c’est eux qui viennent ici pour partager et créer ensemble.» Selon lui, le projet est à la fois artistique et éducatif. Il s’adresse aux enfants, pour qu’ils deviennent les gardiens d’une mémoire commune et les porteurs d’un dialogue entre deux cultures sœurs. Les jeunes artistes participeront à des ateliers de fusion musicale autour des percussions et des chants traditionnels, pour produire une œuvre originale « qui ne gomme pas les différences, mais les fait dialoguer ».

Deux spectacles de restitution sont prévus : le 29 octobre au Centre des Arts et Métiers de Médédjonou, et le 30 octobre à Africa Sound City, à Cotonou.
L’ADAC salue une initiative porteuse de sens
Pour William Codjo, Directeur Général de l’ADAC, « Kadans Jumelles » incarne la mission de l’agence qui est de transmettre, valoriser et créer des ponts culturels durables. « Il s’agit de culture, d’art, mais aussi de brassage avec nos frères séparés de nous par l’océan Atlantique. Il s’agit surtout d’enfants, la promesse de l’aube, ceux à qui nous devons transmettre », a-t-il déclaré avec émotion. Le Directeur a également rappelé que ce projet s’inscrit dans la vision du gouvernement béninois, qui fait du tourisme, de la culture et des arts un pilier du développement national. « Il y a trois siècles, l’histoire nous a séparés. Aujourd’hui, la culture nous réunit à nouveau et nous permet de construire un avenir commun », a-t-il ajouté.

“Bienvenue chez vous” ; le retour des tambours antillais sur la terre-mère
Du côté guadeloupéen, le sentiment est profond. Teddy Pelissier, directeur de Nouvel Jenerasyon Ka, a exprimé toute son émotion devant l’accueil reçu : « Le mot qu’on entend le plus ici, c’est Bienvenue chez vous. Et c’est vrai, nous nous sentons vraiment à la maison. » Depuis plus de vingt ans, son école transmet aux jeunes le Gwoka, un art musical né de la résistance et de la mémoire des ancêtres déportés. « Le Ka, c’est une manière de se souvenir, de rester debout. Nous venons avec nos ancêtres et nos rythmes pour renouer le lien avec l’Afrique », a-t-il expliqué.

Ramsès Aguessy, un pont entre deux mondes
À l’origine de cette belle aventure se trouve Ramsès Aguessy, Béninois d’origine ayant grandi en Guadeloupe et fondateur de l’association Minan Leko qui signifie “Nous y retournons” en langue fon. « Je suis né ici, au Bénin, et j’ai grandi en Guadeloupe. Quand je suis revenu à 21 ans, j’ai redécouvert un pays magnifique. Je me suis dit qu’il fallait créer un pont entre nos deux terres.» à t’il confié. Pour lui, ce projet est une manière concrète de reconnecter la diaspora à ses racines, de transformer l’histoire en une force de création et d’unité.

Plus qu’une résidence artistique, « Kadans Jumelles » est une rencontre de mémoire et de fierté, une expérience humaine où chaque battement de tambour fait écho aux origines partagées. Les jeunes artistes de Guadeloupe et du Bénin portent ainsi un message universel : celui d’une fraternité retrouvée. Entre rythmes, émotions et transmission, « Kadans Jumelles » prouve que la culture reste le plus beau langage pour relier les peuples.
Bérénice Célia Gainsi
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