JTC 2024 : 60 ans de théâtre scolaire tunisien, un héritage vivant en quête de renouveau
À l’occasion des Journées Théâtrales de Carthage (JTC) 2024, une rencontre exceptionnelle s’est tenue autour du thème « 60 ans du théâtre scolaire tunisien : parcours et défis ». Cette rencontre dirigée par Aoun Baghdadi, superviseur principal de l’éducation théâtrale a mis en lumière l’histoire et l’évolution du théâtre scolaire tunisien. Cet échange qui s’est déroulé dans la matinée du dimanche 24 novembre 2024 a rassemblé des professionnels, des éducateurs et des passionnés, pour explorer un parcours riche de six décennies, marqué par des défis constants et des accomplissements remarquables.
En six décennies, le théâtre scolaire s’est imposé comme un outil pédagogique puissant, cultivant l’expression artistique et la créativité chez les jeunes. Toutefois, ce parcours n’a pas été sans défis : infrastructures limitées, manque de formation spécialisée… Aujourd’hui, les acteurs du secteur s’interrogent sur les moyens de pérenniser cet héritage tout en l’adaptant aux attentes des nouvelles générations.

Pour Aoun Baghdadi, superviseur principal de l’éducation théâtrale, le théâtre scolaire tunisien est un phénomène exceptionnel, non seulement dans le monde arabe, mais également sur le plan mondial. « Le théâtre scolaire, ce n’est pas du théâtre comme on l’entend généralement, mais une expérience unique d’intégration des techniques théâtrales dans des approches pédagogiques. Nous exploitons le théâtre comme outil d’apprentissage pour enseigner autrement aux élèves, » explique-t-il.
Depuis 60 ans, la Tunisie s’est distinguée par cette méthode innovante, où le théâtre dépasse le simple divertissement pour devenir un vecteur de développement intégral. « Le théâtre scolaire mobilise trois dimensions essentielles chez l’apprenant : le corps, les émotions et l’esprit cognitif, » ajoute Aoun Baghdadi.
Les défis : infrastructures et mentalités à transformer
Malgré les avancées notables, le théâtre scolaire tunisien doit relever des défis importants. Parmi eux, un problème structurel majeur : le manque d’espaces adaptés. « L’architecture actuelle des écoles reste classique et ne répond pas aux besoins de l’éducation théâtrale. Nous avons besoin d’espaces modernes, où la pratique et l’expression peuvent s’épanouir, » insiste-t-il. Au-delà des infrastructures, un changement de mentalité s’impose. « Nous devons transformer les perceptions des enseignants et des pédagogues pour aller au-delà de l’approche classique centrée uniquement sur le cognitif, » souligne-t-il.
Un appel aux autorités et une vision pour l’avenir
Conscient des contraintes économiques et structurelles, Aoun Baghdadi se montre toutefois optimiste. « L’administration est consciente des besoins et a déjà amorcé une nouvelle vision. Cela demande du temps et de la patience, mais nous avons bon espoir que les choses évoluent. »
Pour garantir l’avenir du théâtre scolaire tunisien, il lance un appel aux autorités nationales : investir dans les infrastructures et moderniser les espaces d’apprentissage. « Avec ces changements, nous pourrons renforcer cette expérience unique et continuer de faire la fierté de la Tunisie dans le monde. »
En conclusion, le théâtre scolaire tunisien, riche de six décennies d’histoire, reste un modèle éducatif pionnier, porteur d’innovation et de transformation pour les générations futures.
Bérénice Célia Gainsi
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