Cotonou accueille l’ouverture du SIMA 2025 : une édition tournée vers l’inclusion et la transformation de l’industrie musicale africaine
La deuxième édition du Salon des Industries Musicales d’Afrique (SIMA) a officiellement été lancée jeudi 13 novembre 2025, au Sofitel Cotonou Marina Hotel & Spa, marquant le début d’un rendez-vous professionnel majeur pour les créateurs, producteurs, managers, investisseurs et acteurs culturels venus de toute l’Afrique. Après une première édition remarquée, le SIMA fait son grand retour au Bénin avec une ambition clairement affichée. Celle de passer du potentiel aux preuves et poser des fondations solides pour une industrie musicale africaine mieux structurée, plus compétitive et capable de créer de la valeur.
Ouvrant la cérémonie, le maire de Cotonou, Luc Sètondji Atrokpo, a rappelé la place centrale de la capitale économique dans la dynamique culturelle nationale. Selon lui, la tenue du SIMA à Cotonou n’est pas une coïncidence, mais la conséquence d’une vision; faire de la ville un moteur culturel et créatif. Il a insisté sur le rôle déterminant des arts dans la transformation économique, déclarant que « Cotonou est en train de s’affirmer comme capitale africaine de la culture, de la créativité et de l’innovation musicale », avant d’inviter les participants à “vivre pleinement l’énergie créative qui anime la ville”.

Lionel Talon : un plaidoyer pour une industrie inclusive Parrain de cette édition, Lionel Talon a tenu un discours court, mais particulièrement apprécié pour sa lucidité et son pragmatisme. Il a souligné ce qui, selon lui, fait la force du SIMA : « Ce qui distingue véritablement le SIMA des autres salons, c’est son caractère inclusif. Ici, tous les acteurs de la musique sont réunis autour d’objectifs communs. » . Il a appelé à un rapprochement concret entre artistes et professionnels capables d’organiser, financer et projeter la musique africaine sur les marchés internationaux. Il a conclu en rappelant la qualité et la créativité de la jeunesse africaine, qui ne demande “que de l’accompagnement, de la structuration et du soutien” pour s’imposer dans l’écosystème mondial.

Une industrie pleine de talent, mais encore marginalisée Dans son intervention, le Commissaire Général du salon, Mamby Diomandé, a été particulièrement applaudi pour son portrait sans concession de l’état actuel de la musique africaine. Il a rappelé des chiffres clés largement relayés par les médias spécialisés : 29 milliards de dollars comme chiffre d’affaires du marché mondial en 2024 ; +29,6 % comme croissance de la région Afrique subsaharienne, mais 0,5 % seulement de part de marché mondial pour le continent. Des chiffres qui posent une question fondamentale : Pourquoi un continent aussi créatif reste-t-il aussi peu représenté ?

Il y a répondu en lançant le thème de cette édition : « Faire rayonner et financer les musiques d’Afrique francophone : Du potentiel aux preuves », une invitation directe à transformer l’immense richesse artistique africaine en opportunités économiques mesurables. « La musique africaine déborde de talent », a-t-il affirmé. Avant d’ajouter : « La vraie question n’est plus : avons-nous du potentiel ? La question est : comment transformer ce potentiel en emplois, en richesse, en opportunités ? »
Le Ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts réaffirme son engagement Représentant le Ministre du Tourisme de la Culture et des Arts, Glwadys Gandaho a rappelé que les industries culturelles et créatives représentent près de 50 millions d’emplois dans le monde et 3,1 % du PIB mondial, citant les données récentes de l’UNESCO. Elle a souligné l’importance stratégique de la musique dans cette dynamique : « La musique, secteur culturel le plus dynamique du continent, possède un potentiel d’exportation immense. ». Elle a réaffirmé l’engagement du ministère à travailler sur plusieurs priorités : droits d’auteur, infrastructures culturelles, professionnalisation des métiers, attractivité du secteur et accompagnement institutionnel des talents.

Un salon pensé comme une plateforme professionnelle, pas comme un simple événement Le SIMA 2025 se déroule jusqu’au 15 novembre avec un programme dense : Résidence artistique, panels, ateliers, espaces de networking, showcases, rencontres B2B et un concert final très attendu. Plus de 4 000 participants sont annoncés cette année, selon les organisateurs. Les médias comme Agence Ecofin soulignent l’importance de cette édition, qui se positionne désormais comme l’un des rendez-vous structurants des ICC en Afrique de l’Ouest.
Le message est commun : structurer pour mieux briller
Au-delà des différentes interventions, un même constat ressort : la créativité africaine est immense. Mais elle doit être mieux organisée, mieux financée, mieux protégée et surtout mieux connectée aux marchés internationaux. Le SIMA 2025 entend être ce trait d’union entre talent et opportunité, entre création et économie, entre passion et stratégie.
Avec cette cérémonie d’ouverture marquée par des discours forts, des engagements clairs et une vision commune, le SIMA 2025 démarre sous le signe de l’ambition et de la transformation. Cotonou devient, le temps d’une semaine, la capitale de la musique africaine non pas dans le simple sens artistique, mais dans la construction d’une industrie enfin prête à se hisser à la place qu’elle mérite.
Bérénice Célia Gainsi
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