Médecine traditionnelle au Bénin: 16 nouveaux préparateurs en pharmacopée sacrés après deux années de formation à Ewe Medji
Le Centre des Jeunes et Loisirs de Tori-Bossito a servi de cadre, le jeudi 7 mai 2026, à une cérémonie solennelle de remise d’attestations et de prestation de serment de seize apprenants du Centre Polytechnique de Formation en Naturopathie Ewe Medji. Après deux années de formation professionnelle sanctionnées par les examens du Certificat de Qualification aux Métiers (CQM), ces nouveaux préparateurs en pharmacopée traditionnelle entrent officiellement dans le monde professionnel avec la mission de promouvoir une médecine traditionnelle plus structurée, responsable et sécurisée.
Dans une ambiance empreinte de solennité, la cérémonie a réuni plusieurs personnalités administratives, sanitaires, scientifiques et traditionnelles, témoignant de l’intérêt croissant accordé à la médecine traditionnelle au Bénin. Représentants du ministère de la Santé, de l’OMS-Bénin, de l’Agence béninoise pour la Recherche et l’Innovation, autorités communales, têtes couronnées et acteurs du secteur ont salué l’engagement du Centre Ewe Medji dans la professionnalisation de la pharmacopée traditionnelle.
Prenant la parole, le Directeur et promoteur du Centre Polytechnique Ewe Medji, le Professeur Aigbé Agossou Marcelin, a rappelé la portée stratégique de cette formation pour le système sanitaire béninois. Selon lui, cette cérémonie «consacre bien plus qu’une simple formation » puisqu’elle marque « l’émergence d’une nouvelle génération de praticiens de la médecine traditionnelle, professionnels, qualifiés et engagés ».



Le promoteur du centre a insisté sur la nécessité de structurer davantage le secteur, dans un contexte où « plus de 80 % des populations béninoises et africaines ont recours à la médecine traditionnelle pour leurs besoins de santé primaire ». Pour le professeur Aigbé Agossou Marcelin, la professionnalisation du secteur représente une réponse concrète aux défis de santé publique, mais également une opportunité de création d’emplois durables et de valorisation du patrimoine thérapeutique africain.
Ewe Medji, un centre au service de la professionnalisation de la médecine traditionnelle
Au-delà de l’apprentissage des savoirs endogènes, le Centre Ewe Medji mise sur une approche moderne et scientifique de la médecine traditionnelle. Physiologie, anatomie, botanique, naturopathie, phytothérapie, nutriculthérapie et soins holistiques intégrés font partie des modules enseignés aux apprenants afin de former des praticiens compétents et respectueux des normes sanitaires.
Représentant le maire de Tori-Bossito, le Chef d’arrondissement a salué les réformes engagées par le gouvernement béninois dans le secteur de la médecine traditionnelle. Il a estimé que cette cérémonie « n’est pas une simple remise d’attestations », mais «l’aboutissement d’un parcours fait de sacrifices, d’apprentissages, de persévérance et de détermination ». Il a également invité les récipiendaires à exercer leur métier avec «discipline, rigueur, éthique et sens élevé de responsabilité ».
La présence de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) à cette cérémonie a donné une dimension internationale à l’événement. Représentant l’institution onusienne, Zan Souleymane a réaffirmé l’importance de la médecine traditionnelle dans les systèmes de santé modernes. « L’OMS reconnaît pleinement cette réalité. Elle considère la médecine traditionnelle non pas comme une alternative marginale, mais comme une composante essentielle des systèmes de santé », a-t-il déclaré.
Le représentant de l’OMS-Bénin a rappelé que l’intégration de la médecine traditionnelle dans les politiques de santé doit reposer sur plusieurs principes fondamentaux : la sécurité des pratiques, la qualité des produits, l’efficacité basée sur la preuve scientifique et la protection des savoirs traditionnels.
Une nouvelle génération appelée à valoriser les savoirs endogènesMême son de cloche du côté de la Direction
Même son de cloche du côté de la Direction départementale de la Santé. Représentant la DDS, Hounsou Dognon Armelle a salué l’existence de centres professionnels capables « d’encadrer la formation, l’utilisation et la recherche autour des plantes médicinales ». Pour elle, « les plantes ont des vertus, ce n’est plus à démontrer », d’où la nécessité de promouvoir des formations sérieuses dans ce domaine.

Le représentant de l’Agence béninoise pour la Recherche et l’Innovation (ABRI), le docteur Herbert Iko Afe, a pour sa part insisté sur les opportunités de collaboration scientifique offertes aux acteurs du secteur. Il a encouragé le Centre Ewe Medji à renforcer ses partenariats avec les instituts de recherche afin de contribuer à la modernisation et à la valorisation scientifique de la médecine traditionnelle béninoise.
Représentant le corps professoral, le Professeur Assogba a rendu hommage au promoteur du centre pour sa persévérance et son engagement en faveur de la transmission des savoirs endogènes. Il a rappelé que les lauréats ont suivi « trois années de formation au Centre Polytechnique Ewe Medji », avant de subir les examens du Certificat de Qualification aux Métiers (CQM), étape décisive ayant conduit à l’obtention de leurs parchemins.
Dans son allocution, le représentant du Coordonnateur du Programme National de la Pharmacopée et de la Médecine Traditionnelle a exhorté les nouveaux diplômés à devenir «des praticiens exemplaires, soucieux de la qualité des soins, de la sécurité des patients et de la valorisation scientifique de la médecine traditionnelle ».
Au nom des récipiendaires, Léon Azongnitodé a exprimé sa gratitude envers les formateurs, les autorités, les parents et tous les partenaires ayant contribué à leur parcours. Il a promis, avec ses camarades, d’exercer leur nouvelle fonction avec rigueur, professionnalisme et respect des principes éthiques liés à la santé.
À travers cette nouvelle promotion, le Centre Polytechnique Ewe Medji confirme progressivement son positionnement comme un acteur majeur de la formation technique et professionnelle en médecine traditionnelle au Bénin. Dans un contexte de recherche de solutions sanitaires adaptées aux réalités africaines, l’établissement entend contribuer à l’émergence d’une médecine traditionnelle crédible, scientifique et au service du bien-être des populations.
Bérénice Célia Gainsi
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