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Chefferie traditionnelle au Bénin: une loi historique pour une reconnaissance légitime et équilibrée

Chefferie traditionnelle au Bénin: une loi historique pour une reconnaissance légitime et équilibrée

Le Bénin adopte un cadre juridique inédit pour structurer et valoriser ses autorités traditionnelles, sans heurter les sensibilités communautaires.

C’est une réforme majeure qui vient poser les fondations d’un vivre-ensemble modernisé, sans renier les racines historiques du pays. Le vendredi 25 avril 2025, le Porte-parole du Gouvernement Wilfried Léandre Houngbédji et le Ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, Jean-Michel Abimbola, ont éclairé l’opinion publique sur la portée de la loi N° 2025-09 portant Cadre juridique de la Chefferie traditionnelle, adoptée quelques semaines plus tôt par le Parlement, puis promulguée par le Chef de l’État.

Wilfried Houngbedji/Porte-parole du gouvernement

L’objectif de cette conférence de presse était clair : lever les malentendus, répondre aux inquiétudes et expliquer, point par point, l’esprit et la lettre d’une loi que certains jugent clivante. Or, selon les autorités, c’est tout le contraire. Cette réforme est présentée comme un acte de reconnaissance officielle, fondé sur des critères rigoureux, impartiaux et scientifiques.

Trois niveaux de chefferies, 106 entités reconnues

Fruit d’un travail de longue haleine mené par une Commission spécialisée, la loi établit désormais une typologie à trois niveaux :16 Royaumes ; 80 Chefferies supérieures ; 10 Chefferies coutumières. Un total de 106 entités identifiées en fonction de critères bien définis : ancrage territorial, type de pouvoir exercé, et organisation sociale hiérarchisée.

« Au moment où nous faisions notre travail, nous avons plus de 300 rois. Nous nous sommes alors basés sur des critères objectifs et scientifiques. Nous avons fait notre travail avec rigueur et de manière impartiale », a expliqué le Professeur Bienvenu Akoha, président de la Commission.

Professeur Bienvenu Akoha / Président de la Commission.

La période de référence retenue par les experts remonte à l’époque précoloniale – soit 1894 pour le Sud et 1897 pour le Nord du pays. Trois types de chefferies ont ainsi été retenus : centralisées (les royaumes), peu centralisées (chefferies supérieures) et non centralisées (chefferies coutumières).

L’État ne découronne personne

Alors que certaines voix s’élèvent pour dénoncer une mise à l’écart de certaines figures traditionnelles, le gouvernement rassure.« Non. L’État ne découronne personne. Si la Loi ne vous reconnaît pas comme royaume, ni chefferie supérieure, ni chefferie coutumière, alors vous êtes ipso facto dans la chefferie communautaire. Donc nous ne découronnons personne », a précisé le Ministre Jean-Michel Abimbola, balayant d’un revers de main les inquiétudes.

Jean-Michel Abimbola / Ministre du Tourisme de la Culture et des Arts

Un socle pour l’avenir

Derrière cette réforme, se dessine une ambition bien plus grande : structurer l’institution traditionnelle sans effacer la mémoire collective.« Aucune trace de notre histoire commune ne saurait entrer dans l’oubli. Aucune tradition ancestrale ne sera négligée en ce qu’elle a d’important à apporter à la Nation », ont conclu les conférenciers.

Ils appellent par ailleurs à une lecture calme et lucide de la loi, loin des émotions partisanes, et à une appropriation citoyenne de ce nouvel outil juridique conçu pour préserver l’identité plurielle du Bénin, tout en l’inscrivant dans la modernité institutionnelle.

Source : Gouvernement du Bénin – www.gouv.bj

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