Patrimoine mondial : trois pays africains écrivent une page historique à l’UNESCO
Les Comores, São Tomé-et-Príncipe et le Soudan du Sud font leur entrée dans le patrimoine mondial. Une première historique pour ces trois pays, au moment où l’UNESCO inscrit 25 nouveaux sites à sa prestigieuse liste du patrimoine mondial.
Une nouvelle étape vient d’être franchie pour le patrimoine africain. À l’issue de sa 48è session, le comité du patrimoine mondial de l’UNESCO a inscrit 25 nouveaux biens sur la liste du patrimoine mondial. La session s’est tenue à Busan, en République de Corée. Parmi ces nouvelles inscriptions, trois pays africains connaissent un moment historique. Il s’agit des Comores, de São Tomé-et-Príncipe et du Soudan du Sud qui rejoignent pour la première fois la liste du patrimoine mondial.
L’UNESCO présente cette avancée comme une étape majeure pour l’Afrique et les petits États insulaires en développement. L’Organisation explique que cette progression s’inscrit dans les efforts engagés pour rendre la liste du patrimoine mondial «plus représentative» et mieux refléter la richesse et la diversité culturelles et naturelles du monde.
Les Comores décrochent leur première inscription
Aux Comores, la reconnaissance concerne Les médinas des Sultanats historiques des Comores. Le bien est constitué de six villes historiques. Selon l’UNESCO, leurs noyaux urbains sont apparus au moins à partir du XIᵉ siècle avant d’évoluer, aux XIVᵉ et XVᵉ siècles, en cités-États qui sont devenues les principaux centres urbains des sultanats de l’archipel.
Le site témoigne notamment des échanges culturels liés aux migrations et aux réseaux commerciaux de l’océan Indien. Il met également en valeur des formes urbaines et des expressions architecturales propres à cet environnement insulaire. Cette inscription fait désormais des Comores un État possédant un bien inscrit sur la liste du patrimoine mondial, une première pour le pays.
São Tomé-et-Príncipe met ses anciennes «roças» à l’honneur
À São Tomé-et-Príncipe, l’UNESCO a inscrit Les roças de Sao Tomé-et-Príncipe : Système colonial agricole et migration forcée. Le bien comprend six anciennes roças, ou plantations agricoles coloniales portugaises que sont : Monte Café, Agua Izé, Diogo Vaz, Sao Joao, Sundy et Belo Monte.
Ces ensembles témoignent d’un système de plantations consacré principalement à la production du café et du cacao. Ils regroupent des terres agricoles, des infrastructures industrielles, des zones résidentielles et des équipements sociaux organisés selon une structure planifiée.
L’UNESCO souligne également que ce patrimoine témoigne d’un système agro-industriel colonial reposant sur les migrations et le travail forcés, de la fin du XIXᵉ siècle au milieu du XXᵉ siècle. L’inscription permet ainsi à São Tomé-et-Príncipe de disposer, lui aussi, de son premier bien inscrit au patrimoine mondial.
Au Soudan du Sud, un patrimoine naturel exceptionnel
Le troisième pays africain concerné est le Soudan du Sud, avec le Paysage migratoire de Boma-Badingilo. Ce vaste territoire naturel est particulièrement remarquable par l’importance de ses migrations de mammifères. L’UNESCO le présente comme un espace de savane d’Afrique de l’Est abritant «la plus grande migration connue de mammifères terrestres au monde».
Le site possède également une grande diversité d’espèces et d’habitats. Il abrite notamment des éléphants de savane africains, des lions, des léopards, des guépards, des lycaons et de nombreuses espèces d’oiseaux. Mais cette reconnaissance intervient dans un contexte particulièrement fragile. Le site a été inscrit selon la procédure d’urgence et placé simultanément sur la liste du patrimoine mondial en péril. L’UNESCO cite notamment les menaces liées au développement des infrastructures, au braconnage commercial, au trafic d’espèces sauvages, ainsi qu’à l’insécurité persistante et aux capacités limitées de conservation.
Une liste du patrimoine mondial qui s’élargit
Au total, 25 nouveaux biens ont été inscrits lors de cette session : 19 biens culturels, 5 biens naturels et 1 bien mixte. Ces chiffres sont ceux publiés par le Centre du Patrimoine Mondial de l’UNESCO. Les nouvelles inscriptions ont toutes été adoptées par consensus, selon l’UNESCO. Elles viennent enrichir une Liste qui cherche à mieux représenter la diversité des patrimoines à travers le monde. Pour l’Afrique, cette évolution est particulièrement importante. L’UNESCO rappelle que lorsque la stratégie pour le patrimoine mondial en Afrique (2022-2029) a été adoptée en 2021, douze pays africains ne possédaient encore aucun bien inscrit sur la liste. Cinq ans plus tard, l’organisation indique que ce nombre a été réduit de moitié. L’UNESCO souligne aussi que chaque nouvelle inscription apporte «une nouvelle perspective sur l’histoire de l’humanité» et enrichit la compréhension collective du monde.
Pour les Comores, São Tomé-et-Príncipe et le Soudan du Sud, cette reconnaissance constitue donc bien plus qu’une inscription sur une liste internationale. Elle met désormais sous les projecteurs des patrimoines qui racontent des histoires, des cultures, des savoirs et des écosystèmes jusque-là absents de la Liste du patrimoine mondial. Une nouvelle visibilité qui s’accompagne aussi d’une responsabilité : celle de continuer à identifier, protéger et faire vivre ce patrimoine commun pour les générations futures.
Source : UNESCO et Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO, publications officielles des 28 et 29 juillet 2026. Communiqué officiel de l’UNESCO – 25 nouveaux sites inscrits – Centre du patrimoine mondial – Trois nouveaux pays rejoignent la Liste
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