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Claude Balogoun en résidence d’écriture à Ouidah : quatre semaines pour faire renaître «Querelles de quartier»

Claude Balogoun en résidence d’écriture à Ouidah : quatre semaines pour faire renaître «Querelles de quartier»

Après son sacre au Grand Prix Littéraire du Bénin 2025, l’écrivain, dramaturge et réalisateur béninois Claude Balogoun pose ses valises au CCRI John Smith de Ouidah. Durant quatre semaines, il travaille sur le deuxième volet de «Querelles de quartier», une œuvre qui entend regarder, avec humour et un regard critique, les maux de la société contemporaine.

Ce projet arrive à un moment particulier dans son parcours. En octobre 2025, l’écrivain béninois a remporté le Prix Jean Pliya de la fiction littéraire, dans le cadre du Grand Prix Littéraire du Bénin, pour son roman Yê-Nu. Quelques mois après cette distinction, il est aujourd’hui installé au CCRI John Smith de Ouidah pour une résidence d’écriture de quatre semaines, consacrée à la création de Querelles de quartier 2, la suite de son conte théâtralisé.

Quatre semaines pour écrire, questionner et faire rire

Pendant les trois premières semaines de sa résidence, Claude Balogoun prévoit de se consacrer entièrement à l’écriture : structuration, rédaction et réécriture du manuscrit. Une véritable parenthèse de création que l’auteur veut mettre à profit pour approfondir une œuvre née plusieurs années plus tôt.

Claude Balogoun / Auteur

Querelles de quartier n’est en effet pas un projet sorti de nulle part. La première version a été portée à la scène en 2016 à l’Institut Français du Bénin, avant d’être présentée dans plusieurs villes du pays. Le texte a ensuite connu une vie littéraire avec sa publication en 2022. Cette fois, Claude Balogoun veut aller plus loin avec un deuxième volet. Et le regard qu’il pose sur la société s’annonce particulièrement incisif.

Le corps social comme terrain d’autopsie

Dans Querelles de quartier 2, l’auteur choisit une métaphore pour parler du monde : le corps humain. Le cœur, le cerveau, l’estomac, le foie, les nerfs… Ces organes deviennent les personnages d’une grande allégorie sociale et politique. Claude Balogoun affirme que chacun de ces organes, porte une partie des tensions qui traversent les sociétés contemporaines. Il explique : Le cœur traduit les espoirs démocratiques déçus. Le cerveau représente une technocratie qui calcule. L’estomac rappelle les urgences économiques et sociales. Le foie absorbe les «toxines» de la gouvernance tandis que les nerfs finissent par céder sous la pression des crises sécuritaires et climatiques.

À travers cette nouvelle œuvre, Claude Balogoun veut regarder de près les changements que le Bénin, l’Afrique et le monde ont connus depuis les années 1990. Pour raconter cette réalité, l’auteur reste fidèle à son style, fait de satire, de poésie, d’humour et de critique. L’objectif n’est pas de donner des leçons, mais de montrer les problèmes de la société à travers le théâtre. Avec humour, Claude Balogoun cherche ainsi à faire rire, tout en amenant le public à réfléchir sur les réalités de notre époque.

De l’écriture solitaire à la confrontation avec le public

La résidence ne s’arrêtera pas à la table de travail. La dernière semaine sera consacrée à une étape différente. Elle sera le moment de la confrontation du texte avec le public. Claude Balogoun prévoit notamment des lectures publiques et des débats contradictoires dans l’ancienne salle de justice de Ouidah, aujourd’hui intégrée au site du CCRI John Smith. Cette dimension correspond pleinement à la vocation du centre, qui associe création contemporaine, patrimoine, recherche et dialogue avec les publics. Pour l’auteur, cette rencontre avec le public doit permettre de tester le texte, d’en mesurer la portée et, éventuellement, d’en affiner certains aspects avant sa sortie.

Claude Balogoun, encore et toujours raconteur d’histoires

Avec cette nouvelle résidence, Claude Balogoun poursuit un parcours qui refuse de s’enfermer dans une seule discipline. Écrivain, scénariste, réalisateur et homme de théâtre, il revendique depuis longtemps cette position de «raconteur d’histoires». Querelles de quartier illustre justement cette liberté de passer du spectacle au livre, puis du livre à la scène.

Claude Balogoun / Auteur

Loin des bruits du quotidien, Claude Balogoun dispose désormais de quatre semaines pour donner corps à cette nouvelle création. Quatre semaines pour écrire, reprendre, questionner et finalement soumettre son texte au regard des autres. Au terme de cette résidence, l’ambition est claire : faire naître un manuscrit capable de poursuivre sa route vers l’édition et les scènes de théâtre.

Bérénice Célia Gainsi

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