Colloque TPADI–COMOPA UAC 2026 : à Abomey-Calavi, scientifiques et autorités traditionnelles appellent à une Afrique souveraine fondée sur ses savoirs
À l’Université d’Abomey-Calavi, du 03 au 06 juin 2026, chercheurs, diplomates, autorités traditionnelles et acteurs du développement venus d’Afrique, des Caraïbes et d’Europe ont uni leurs voix autour d’un même idéal : bâtir une Afrique souveraine en s’appuyant sur ses savoirs endogènes, sa science et son patrimoine culturel. Entre débats de haut niveau, valorisation de la médecine traditionnelle et appels à un panafricanisme d’action, le colloque TPADI–COMOPA 2026 s’est imposé comme un moment fort de réflexion et d’engagement pour l’avenir du continent.
Organisé dans le cadre du colloque biennal TPADI–COMOPA, cet important colloque international réunissant universitaires, chercheurs, décideurs politiques, diplomates, autorités traditionnelles, praticiens de la médecine traditionnelle et acteurs de la société civile venus d’Afrique, des Caraïbes et d’Europe a été placé sous le signe de la construction d’une Afrique plus autonome, innovante et ancrée dans ses propres ressources scientifiques et culturelles.
Dès l’ouverture, l’atmosphère s’est voulue solennelle et internationale. Le Président du COMOPA, Monsieur Roger Kuassi, a souhaité la bienvenue aux nombreuses délégations venues notamment du Nigeria, du Kenya, de la Côte d’Ivoire, du Tchad, du Togo, de la Zambie, du Cameroun, d’Haïti, de la Guadeloupe, de la France et de l’Italie, sans oublier les représentants des douze départements du Bénin. Plusieurs personnalités ont ensuite pris la parole, parmi lesquelles le Recteur de l’Université d’Uyo au Nigeria et Président du TPADI, le représentant du Recteur de l’Université d’Abomey-Calavi, ainsi que Son Excellence Madame l’Ambassadrice de la République d’Haïti près le Bénin. Tous ont salué la portée stratégique de cette rencontre. L’ouverture officielle des travaux a été prononcée par la représentante de la Vice-Présidente de la République du Bénin, en présence du parrain du colloque, son Excellence Monsieur Robert Dossou, ancien Président de la Cour constitutionnelle du Bénin.

Au cœur des échanges, un consensus s’est rapidement dégagé autour d’une idée forte : l’Afrique doit désormais passer du panafricanisme théorique à un panafricanisme d’action. Les différentes communications ont abordé des enjeux majeurs tels que la valorisation des ressources locales, le développement de la médecine traditionnelle, la structuration des chaînes de valeur agricoles, la recherche scientifique appliquée, l’enseignement technique et professionnel, ainsi que l’intégration de l’intelligence artificielle dans l’éducation et la santé. Les discussions ont également mis en lumière le rôle du leadership féminin, de l’entrepreneuriat des jeunes et de la transmission des savoirs endogènes. Pour les participants, le développement du continent passe par la combinaison de l’innovation moderne et de l’héritage culturel africain.
L’une des particularités marquantes de cette édition a été la forte présence des autorités traditionnelles. Sous l’égide de sa Majesté Dagbo Hounnon Hounan II, plusieurs dignitaires, dont le Roi Syon et sa Majesté Dansou Gazozo, ont activement pris part aux travaux. Une libation et une prière communautaire ont même précédé la cérémonie d’ouverture, dans un esprit d’unité et de bénédiction. Le colloque a également accordé une place importante à la médecine traditionnelle africaine, notamment à travers une exposition-vente de produits issus de la pharmacopée africaine. Les visiteurs ont pu découvrir divers produits naturels et préparations phytothérapeutiques présentés par des praticiens encadrés par plusieurs responsables de fédérations de médecine traditionnelle, dont le Dr Prophète Salavi Gabriel, Sa Majesté Dah Klïko, Dah Kouglo, ainsi que plusieurs autres représentants du secteur.

Parmi les figures mises en avant figure le Professeur Aigbé Agossou Marcellin, promoteur du Centre Polytechnique EWE MEDJI de Formation Technique Professionnelle des Praticiens de la Médecine Traditionnelle. À travers ses initiatives de formation en naturopathie, phytothérapie, nutrithérapie, homéopathie et fabrication de produits thérapeutiques à base de plantes, il œuvre à la professionnalisation du secteur et à la préservation des savoirs endogènes. Le point d’orgue de la rencontre a été la cérémonie de remise des distinctions honorifiques, organisée le 05 juin 2026. Plusieurs personnalités ont été récompensées pour leur contribution au panafricanisme, à la recherche scientifique, à l’éducation et au développement communautaire.



Le Prix du Pilier du Panafricanisme a notamment été décerné à Son Excellence Monsieur Robert Dossou. D’autres distinctions ont également été attribuées, notamment au Professeur Bienvenu Antonio, au Président du comité d’organisation Monsieur Roger Kuassi, au Recteur de l’Université d’Abomey-Calavi, au Recteur de l’Université d’Uyo ainsi qu’à Madame Adjovi. Le Professeur Aigbé Agossou Marcellin a, pour sa part, reçu le Prix du Pilier du Panafricanisme en Médecine Indigène et Bien-Être, consacrant plusieurs années d’engagement en faveur de la médecine traditionnelle et de la formation des praticiens.
Au terme des travaux, les participants ont lancé un appel à renforcer les partenariats universitaires, à promouvoir la reconnaissance des savoirs endogènes, à professionnaliser la médecine traditionnelle et à investir davantage dans l’éducation, la recherche et l’innovation.
Dans l’ensemble, TPADI–COMOPA UAC 2026 s’impose comme une plateforme internationale de réflexion et d’action, consacrée à l’émergence d’une Afrique souveraine, innovante et fière de son patrimoine. Pendant quatre jours, Abomey-Calavi a ainsi été le centre d’un panafricanisme tourné vers l’action et la transformation durable du continent.
Sparticulture
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