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Journées Musicales de Carthage 2026 : neuf concerts, 26 spectacles et près de 20 000 visiteurs pour une édition tournée vers la diversité et l’émergence

Journées Musicales de Carthage 2026 : neuf concerts, 26 spectacles et près de 20 000 visiteurs pour une édition tournée vers la diversité et l’émergence

Du 3 au 10 octobre 2026, la 11è édition des Journées Musicales de Carthage (JMC) a réuni à Tunis des artistes, des musiciens et des professionnels de plusieurs pays. Entre concerts, découvertes musicales, formation et rencontres professionnelles, le festival a également distingué trois formations émergentes, auxquelles il offre une tournée dans plusieurs régions tunisiennes.

La musique a occupé le devant de la scène à Tunis du 3 au 10 octobre 2026. Pendant une semaine, la cité de la culture Chedli-Klibi et plusieurs espaces associés ont accueilli la 11è édition des Journées Musicales de Carthage. Au terme de cette manifestation, les organisateurs ont annoncé près de 20 000 visiteurs, plus de 220 musiciens et une programmation mêlant spectacles, concerts et activités professionnelles.

Selon le bilan relayé par l’Agence de Presse Tunisienne (TAP), cette édition a compté 26 spectacles sélectionnés et neuf concerts, avec la participation d’artistes issus de plus de 20 pays. Le nombre de concerts a augmenté par rapport aux huit initialement prévus, après l’ajout d’une seconde représentation du groupe jordanien JadaL, à la demande du public.

Une ouverture consacrée à la place de la musique dans la vie

Pour lancer cette 11è édition, les organisateurs ont choisi « Dendri Stambeli », un projet porté par le musicien Mohamed Khachnaoui. Présenté comme une création autour du rôle de la musique dans la vie des individus, ce spectacle a donné le ton d’un festival qui entend faire dialoguer différentes traditions musicales et formes de création contemporaine.

La programmation a ensuite proposé un éventail de sonorités venues de la Tunisie et d’ailleurs, entre musiques alternatives, jazz, rock indépendant, influences africaines et réinterprétations de patrimoines musicaux. Parmi les artistes et formations annoncés figuraient notamment le groupe jordanien JadaL, la chanteuse égyptienne Youssra El Hawary, le Sénégalais Sahad Sarr, l’artiste marocaine Layla Chakir et la chanteuse brésilienne-espagnole Anna Tréa. La programmation comprenait également Oum, Labess, Cecilia Krull, Les Dames du Raï, Vipa et Obos, ainsi que Dani de Morón accompagné de Carlos Merino.

La présence de ces projets illustre la diversité géographique et esthétique recherchée par les organisateurs. Les showcases ont notamment permis de présenter des créations issues de différentes scènes musicales, avec une attention portée aux artistes émergents et aux projets susceptibles de circuler au-delà de leur territoire d’origine.

JadaL, un rendez-vous supplémentaire face à la demande du public

Parmi les temps forts de la programmation, le groupe jordanien JadaL a bénéficié d’une seconde représentation. Alors qu’un seul concert était initialement prévu, les organisateurs ont ajouté une date en réponse à la demande du public. Cette décision constitue l’un des faits marquants du bilan de l’édition. Elle explique également pourquoi le nombre final de concerts, annoncé à neuf lors de la clôture, dépasse les huit grands concerts présentés dans le programme initial.

La programmation s’est achevée le 10 octobre avec la chanteuse syrienne Faia Younan. Lors de cette soirée organisée au Théâtre de l’Opéra de la cité de la culture, l’artiste a interprété plusieurs titres de son répertoire, notamment « Fi al-Tariq Ilayk », « Ya Laytahu Ya’lam » et « Ya Qatili ». Elle a également rendu hommage au chanteur tunisien Yasser Jradi en interprétant « Dima Dima ». La cérémonie de clôture s’est déroulée en présence de la Ministre tunisienne des Affaires Culturelles, Amina Srarfi, ainsi que de représentants diplomatiques.

Trois formations distinguées avec une tournée dans les régions

La clôture a également été l’occasion de mettre en lumière trois formations : Midnight Pine, Gultrah et Altf4. Ces projets ont reçu des prix symboliques qui prennent la forme d’une tournée artistique dans plusieurs régions tunisiennes. L’initiative s’inscrit dans le dispositif « JMC dans les régions », destiné à prolonger la présence des artistes au-delà de la capitale et à leur permettre de rencontrer d’autres publics. Ce choix donne une dimension concrète au soutien à l’émergence artistique.

Au-delà de la visibilité offerte pendant le festival, la tournée annoncée ouvre aux formations distinguées la perspective de nouvelles représentations et d’une meilleure circulation de leurs créations sur le territoire tunisien. Le dispositif figure parmi les initiatives mises en avant lors de cette édition. Il répond à un enjeu important pour les artistes en développement : transformer une participation à un festival en occasions supplémentaires de se produire et de faire connaître leur travail.

Le JMC Jazz Camp : cinq jours de formation et plus de 40 heures d’ateliers

L’édition 2026 des Journée Musicales de Carthage ne s’est pas limitée aux spectacles. Elle a également accordé une place importante à la transmission et au développement des compétences musicales avec la première édition du JMC Jazz Camp, organisée en partenariat avec le Marseille Jazz Collective.

Selon le bilan publié par TAP, plus de 40 participants ont pris part à ce programme de cinq jours, qui a totalisé plus de 40 heures de cours et d’ateliers. Le dispositif a notamment permis de travailler autour de la pratique musicale et de la formation en jazz. Il illustre la volonté des organisateurs d’associer la diffusion des œuvres à des espaces d’apprentissage et d’échange entre musiciens. Cette orientation contribue à élargir la fonction du festival : en plus de présenter des artistes au public, les JMC entendent participer au développement des compétences et à la structuration des parcours professionnels.

Six rencontres professionnelles pour réfléchir à l’avenir de la musique

Autre volet important : le JMC Market, conçu comme un espace de rencontres entre professionnels de la musique. Cette édition a réuni 23 professionnels internationaux et 80 professionnels tunisiens, selon les chiffres communiqués à la clôture. Six rencontres professionnelles ont été organisées et douze stands ont été installés à la cité de la culture afin de favoriser les échanges entre les différents acteurs du secteur.Les thèmes annoncés avant le festival couvraient plusieurs enjeux contemporains : le métier de compositeur de musique de film, les effets de l’intelligence artificielle sur la création et les droits d’auteur, les réalités économiques d’une carrière musicale, les critères de programmation des artistes émergents ainsi que la scénographie des spectacles et des clips.

Ces échanges témoignent de la place accordée aux conditions de création et de diffusion de la musique. Pour les artistes et les professionnels, les rencontres de ce type peuvent permettre de partager des expériences, de mieux comprendre les évolutions du secteur et d’établir des contacts.

Des concerts annoncés dans les prisons et une ouverture vers les régions

L’ouverture du festival à différents publics constituait également un axe de cette édition. La programmation annoncée prévoyait des concerts dans quatre établissements pénitentiaires à savoir : Borj Erroumi, Messaâdine, Sfax et Belli ainsi qu’un spectacle au centre de rééducation des filles de Mghira.

La section « JMC dans les régions » devait, quant à elle, prolonger la programmation après la clôture du festival grâce à une tournée de trois projets artistiques, avec trois dates pour chacun, en partenariat avec des festivals étatiques et des initiatives culturelles locales. Ces deux dispositifs traduisent une volonté d’élargir les lieux de diffusion de la musique et de toucher des publics qui ne fréquentent pas nécessairement les salles habituelles.

Un hommage à Saber Chtourou pour clôturer la semaine

La cérémonie finale a également été marquée par un hommage posthume au producteur et réalisateur de programmes Saber Chtourou, décédé à la fin du mois d’avril 2026.

Son portrait a été projeté sur le grand écran de la scène, en reconnaissance de son parcours et de ses contributions au secteur artistique. Ce moment de mémoire a inscrit la clôture du festival dans une démarche de reconnaissance des professionnels qui participent, souvent loin des projecteurs, à la vie musicale et audiovisuelle.

Une édition entre diffusion artistique, formation et structuration du secteur

Avec près de 20 000 visiteurs annoncés, plus de 220 musiciens, 26 spectacles sélectionnés, neuf concerts et un programme professionnel réunissant des participants tunisiens et étrangers, la 11è édition des Journées Musicales de Carthage a associé programmation artistique et rencontres autour de l’industrie musicale. Le festival a également mis en avant trois formations émergentes, avec la perspective d’une tournée dans les régions tunisiennes, tout en consacrant une place à la formation musicale et aux échanges entre professionnels.

Au terme de cette édition, les JMC affichent ainsi une ambition qui dépasse la succession de concerts : faire coexister découverte artistique, accompagnement des musiciens et réflexion sur les conditions de développement de la musique. La portée à long terme de ces initiatives dépendra notamment de leur capacité à favoriser la circulation des artistes, à consolider les collaborations professionnelles et à offrir de nouveaux débouchés aux projets émergents. Ces résultats restent à évaluer dans la durée.

Bérénice Célia Gainsi (Sources : Agence de Presse Tunisienne (TAP), Site officiel des Journées Musicales de Carthage-Programme 2026 / La Presse de Tunisie-Présentation de la 11è édition des JMC )

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